Le petit jet d’eau – Aubes Musicales Matin 1.1

7:50
lui tous les matins
d’un tuyau
lance le petit jet d’eau
sur le béton dégoulinant
des premiers rayons
le son régulier
le chapeau toujours
il faudrait une aube
rien qu’à lui
asseoir les gens
pour écouter l’eau
jetée sur les quais
pour au karcher
déloger les souillures
de la bobo intelligentsia
celle qui le jean délavé
le coté cool t’es mon pote
est plus fermée qu’une huître
devant la marée populeuse
8:06

Aubes Musicales – Matin 1.0

Franz Teichler – Aubes Musicales 6:46
milan noir
un an que j’attend ce moment
la courbe fluide de ton vol
au dessus des eaux gorgées de reflets
ton cri silencieux
au dessus des coquelicots
le piqué fondu
le gosier strident
il y a la
en tailleur le méditant
les yeux fermés sur son ego
criant le paisible futile
au milieux du chaos
il y a là
le chef de cérémonie
au sourire factice
la vendeuse de cake
inévitable inamovible
vous parle meme les oreilles bouchées
dans un tac à tac
mitraille de tirades
il y a là
échappé de la nuit
un beau gosse
le torse rutilant
de paillettes
imberbe et peau léopard
échappé de la chambre
de Dustan
il y a là
la fine fleur artistique
de l’alternatif
des cercles impénétrables
pour une grosse manman
de 45 ans
regards condescendants
il y a là
une maman serrant son enfant
humant les cheveux fins
dans une coque instantanée
un sourire rêveur
il y a là
une deception ourdie
brodée d’un retour sans gloire
hier le casque des poilus
lorgnait la salle
ancien corps de garde
les armures à deux pas
le mot lénifiant de Clinton
une plaque dorée
le père grand invité
médaillé un demi siècle après
pour les convois de la navy
sous les bombes au peuple russe
apporté
les oeufs échangés contre la vodka
aux marins des sous marins
et voilà qu’il faudrait aller
serrer la louche de Putin
des grands mères pas un mot
violées écartelées sucées
et engrossées
sous le cercle béant
noir d’un canon
des survies impensables
du corps des femmes
balayé par le souffle de la guerre
pas un mot
c’est l’histoire qui tue les tuées
un sifflement lancinant
les « je » hurlent hurlent
pour sortir de l’oubli
elles sont prêtes à enfler
comme la grenouille
avalant un boeuf
ce sont leurs viscosités dispersées
les arcan réal despentes ernaux angot
des légions entières de sorcières
se tordant nues au soleil
7:08

Aubes musicales – matin 1

Franz Treichler – electronica et guitare acoustique
6:28
A peine saisi
déja parti
aller plus vite
retrouver le fil
gambader sur la torpeur
ce rêve utérin
baignant ses doigts dans l’eau
plongeant de l’espace
sans garde fou
une plainte un regard fixe
le béton détonne
le populeux foisonnement gris
du béton des masses
contre le cri de la mouette
ivre et libre
mélopée synthétique
un gong étirée
un cliquetis de rails
new age ou science fiction
la fin d’un age
oppulence grotesque
festins nus et grouillant
d’enfants écrabouillés
de femmes éplorées
aux chairs baisées étiolées
des animaux térré-e-s
des trains de la mort
des êtres attachés sans fers
avec des concepts des idéaux
accroupis abrutis
le couteau à la main
pour les épisiotomies les circoncisions
la boucherie
éructer ces violences
un jet continu
on ne peut arrêter le volcan
explose
les cendres du ventre mou de la terre éparpillées
les laves fumantes en long serpents scintillant
la guitarre égrène
des gouttes lentes
des larmes frottées au rayon
le soleil arrive
dans mon oeil appeuré
c’est quand on a faim
et qu’il n’y a rien
c’est quand il fait froid
sur mes orteils gelés
c’est que j’arrive
sur le dos rond de la terre
au son des mélopées
des prières et des pleurs
les plaintes pétrifiées sur
les terreurs figées de Pompeï
C’est là qu’il faut se détacher
rejoindre la mouette
courir après l’infini
au dessus des bombes chantantes de shiva
le danseur cosmique
étale ses mille bras
cligne de l’oeil
sur le fil du rasoir
regarder l’horreur
en marchant sur les fleurs
les fleurs les fleurs
6:44

Vélo des Bains des paquisIMG_4343